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À suivre sur french-pops.com

Bonjour et merci à tous, en particulier merci aux personnes qui ont commenté ce blog.
Finalement, ma situation ne change pas: je n’ai pas assez de temps pour écrire de nouveaux articles. Je continue cependant à chercher des chansons sur Youtube et j’ai commencé à construire une nouvelle base de données de paroles de chansons systématiquement associées à des vidéos. Aujourd’hui j’ai mis en ligne un nouveau site consacré à ce nouveau projet.
Pour l’instant il n’y a que quelques centaines de chansons. Je compte y ajouter des chansons récentes, et aussi aborder le domaine des chansons traditionnelles et des chansons enfantines.
Ah oui, j’allais oublier… l’adresse, c’est french-pops.com. A bientôt.

Français familier et extraits de chansons Thomas Dutronc

Je fais trop de choses et j’ai vraiment de moins en moins de temps à consacrer à ce blog. Je ne suis pas tout à fait inactif cependant. Actuellement je donne des cours d’initiation au français familier et j’ai préparé quelques vidéos pour mes étudiants. Ces vidéos présentent des extraits de chansons (environ 30 secondes) avec deux sortes de sous-titres : les sous-titres correspondant à la prononciation réelle (avec les « e muets » non prononcés, la disparition du « ne » de la négation et d’autres phénomènes dont j’ai déjà parlé ici.
Je préparerai peut-être des articles de blog à partir de ces vidéos, mais en attendant voici un lien vers ma chaîne Youtube chansonsfr et la vidéo que j’ai préparée aujourd’hui.
Il s’agit de « J’aime plus Paris » de Thomas Dutronc (le fils de Françoise Hardy et de Jacques Dutronc).


Mise à jour du site | nouvelles vidéos

Articles mis à jour : J’ai remplacé les vidéos qui ont disparu de YouTube ou DailyMotion par d’autres versions (qui hélas, disparaîtront peut–être un jour à leur tour). J’ai aussi légèrement modifié les textes des articles qui étaient basés directement sur la vidéo présentée auparavant.

Serge GAINSBOURG La javanaise
Joséphine BAKER Haïti
Françoise HARDY Le premier bonheur du jour
Virginie LEDOYEN Mon amour, mon ami
Salvatore ADAMO Les filles du bord de mer
Jane BIRKIN Ex-fan des sixties
Serge GAINSBOURG Valse de Melody
Serge GAINSBOURG Elaeudanla Téïtéïa
Marcel ZANINI Tu veux ou tu veux pas
Léo FERRÉ A Saint-Germain-des-Prés
France GALL Jazz à gogo

 

 

Jean LUMIÈRE Le temps des cerises | prononciation

Le temps des cerises est une chanson qui appartient à la mémoire collective des Français. Ses paroles, écrites par Jean-Baptiste Clément, datent de 1866. Sa musique été composée deux ans plus tard par Antoine Renard. Bien qu’écrite quelques années avant, cette chanson est fortement associée à la période de l’histoire de France qu’on appelle la Commune de Paris (mars-mai 1871). Elle évoque un bonheur qui ne dure que pendant le temps des cerises, c’est à dire une partie du printemps.
 

Pour les étudiants de FLE:

Le temps des cerises est une chanson très riche, mais je ne vais m’intéresser aujourd’hui qu’à un petit problème de prononciation.
Le S final de tous, masculin pluriel du pronom indéfini tout, se prononce : par exemple, on dit ils sont touS partis [TOUS-PAR-TI], ils sont touS arrivés [TOU-SA-RI-VÉ], ils sont touS en fête [TOU-SAN-FÈTe]. Mais Jean Lumière prononce, à la ligne 3, Seront tous en fête [SE-RON-TOU-ZAN-FÈTe].
A ma connaissance, Jean Lumière est le seul interprète du 20e siècle qui utilise cette prononciation. A-t-il voulu donner un aspect archaïque à son interprétation ? C’est fort possible, mais ce qui est important c’est que vous, lorsque vous parlez français, vous prononciez bien, comme tous les Français d’aujour’hui, touS en fête [TOU-SAN-FÈTe] ou tous ensemble [TOU-SAN-SAMBLe].
 

BASE DE DONNÉES :
Liste des chansons de Jean LUMIÈRE

 

 
Paroles de la chanson
Le temps des cerises
chantée par
Jean LUMIÈRE
(1930)

 1   Quand nous chanterons le temps des cerises
 2   Et gai rossignol et merle moqueur
 3   Seront tous en fête
 4   Les belles auront la folie en tête
 5   Et les amoureux du soleil au cœur
 6   Quand nous chanterons le temps des cerises
 7   Sifflera bien mieux le merle moqueur

 8   Mais il est bien court le temps des cerises
 9   Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
10   Des pendants d’oreilles
11   Cerises d’amour aux robes pareilles
12   Tombant sous la feuille en gouttes de sang
13   Mais il est bien court le temps des cerises
14   Pendants de corail qu’on cueille en rêvant

15   Quand vous en serez au temps des cerises
16   Si vous avez peur des chagrins d’amour
17   Evitez les belles
18   Moi qui ne crains pas les peines cruelles
19   Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
20   Quand vous en serez au temps des cerises
21   Vous aurez aussi des chagrins d’amour

22   J’aimerai toujours le temps des cerises
23   C’est de ce temps-là que je garde au cœur
24   Une plaie ouverte
25   Et Dame Fortune, en m’étant offerte
26   Ne saura jamais calmer ma douleur
27   J’aimerai toujours le temps des cerises
28   Et le souvenir que je garde au cœur



 

Charles TRÉNET | L'âme des poètes | 1951 | grammaire et phonétique

Aujourd’hui je souhaite vous présenter une chanson très connue de Charles Trénet, L’âme des poètes. Il en existe plusieurs versions sur les sites de vidéo. Celle que j’ai choisie est extraite d’un film sorti en 1951 (Bouquet de joie, d’un réalisateur français tombé dans l’oubli, Maurice Cam), on n’entend que la fin de la chanson. Malgré la brièveté de l’extrait, cette vidéo me plaît beaucoup car on y voit le chanteur, né en 1913, âgé alors de 38 ans: il paraît plus jeune et grâce à cet extrait de film on comprend bien son charme et son talent.


 
Pour les étudiants de FLE :

L’extrait vidéo présenté ici correspond à la fin de la chanson, de la ligne 23 à la ligne 31. Cette partie m’intéresse car elle montre un curieux phénomène où la grammaire et la phonétique sont en contradiction :

Voici pour commencer une règle de grammaire simple (=qui semble logique aux francophones) : en français, si plusieurs personnes possèdent chacune une seule chose, on utilise le singulier quand on parle de cette chose. Ainsi en parlant du visage de plusieurs personnes qui se ressemblent, on écrit au pluriel « leurs yeux sont bleus » ou « leurs oreilles sont grandes » mais on utilisera le singulier pour dire « leur nez est petit », parce que chacun n’a qu’un seul nez.

Voici maintenant une règle moins connue car elle concerne la prononciation : avec des verbes tels que « partir », « sortir », et beaucoup d’autres, la prononciation du T final avant une voyelle indique le pluriel : dans des extraits de phrases comme « il part avec… » et « ils partent avec… », à l’écrit il y a plusieurs différences entre le singulier et le pluriel (le S du sujet et le ENT du verbe) mais à l’oral la seule différence entre le singulier ILPARAVEC et le pluriel ILPARTAVEC est le T de l’enchaînement consonantique.

 
L’âme des poètes
chanson chantée par
Charles TRÉNET

 
 1   Longtemps, longtemps, longtemps
 2   Après que les poètes ont disparu
 3   Leurs chansons courent encore dans les rues
 4   La foule les chante un peu distraite
 5   En ignorant le nom d’ l’auteur
 6   Sans savoir
 7   Pour qui battait son cœur
 
 8   Parfois on change un mot, une phrase
 9   Et quand on est à court d’idées
10   On fait la, la, la, la, la, lé
11   La la la la la
 
12   Longtemps, longtemps, longtemps
13   Après que les poètes ont disparu
14   Leurs chansons courent encore dans les rues
15   Un jour peut-être bien après moi
16   Un jour on chantera
17   Cet air pour bercer un chagrin
18   Ou quelque heureux destin
 
19   Fera-t-il vivre un vieux mendiant
20   Ou dormir un enfant
21   Ou quelque part au bord de l’eau
22   Au printemps tournera-t-il sur un phono
 
23   Longtemps, longtemps, longtemps
24   Après que les poètes ont disparu
25   Leurs âmes légères courent encore dans les rues
26   Leurs âmes légères c’est leurs chansons
27   Qui rendent gais, qui rendent tristes
28   Filles et garçons
29   Bourgeois, artistes ou vagabonds
 
30   Longtemps, longtemps, longtemps
31   La la la la la…
Maintenant, écoutons la ligne 25 de l’âme des poètes : il y a beaucoup de poètes, mais chacun a une seule âme. Dans l’extrait de chanson présenté (ligne 25) Charles Trénet devrait prononcer COURENCOR, (Leur âme légère court encore dans les rues) sans faire de liaison, mais il chante très nettement COURTENCOR ce qui implique cette orthographe : Leurs âmes légères courent encore dans les rues.

Deux explications sont possibles : la première c’est que Charles Trénet n’a pas pensé à cette contradiction grammaticale quand il a écrit ce texte. La seconde explication, plus respectueuse pour le chanteur, c’est que dans cette phrase, « leurs âmes » est un synonyme de leurs chansons qui apparaît à la troisième ligne. Pour vous, quelle est la meilleure explication ?

Stacey KENT | La Vénus du Mélo | Érotisme | Jazz

Voici aujourd’hui la première des chansons de 2010 que je présente. Elle est chantée par une chanteuse de jazz américaine, Stacey Kent, très appréciée en France et qui, pour moi qui habite très loin, est une découverte récente. Avant tout, j’aime l’ambiance intimiste de cette vidéo : elle montre un petit groupe de jazz accompagnant une chanteuse dans un appartement. Et bien sûr, j’aime ses qualités musicales aussi: batterie, guitare et batterie s’harmonisent parfaitement avec la voix de Stacey Kent, et avec son léger accent étranger. Toutes les chansons de son dernier album, Raconte-Moi sont chantées en français.


 
Pour les étudiants de FLE:

Le titre de la chanson, « La Vénus du Mélo » est un jeu de mots. En l’entendant on pense tout de suite à « la vénus de Milo », la célèbre sculpture grecque du musée du Louvre.
« La Vénus du Mélo » signifie la déesse du mélodrame. Un mélodrame est un récit (théâtre, roman, film) présentant des personnages dans des situations exagérément tristes. Pourtant cette chanson n’est pas triste: la chanteuse s’adresse avec ironie à un homme qui semble triste, ou qui feint la tristesse, et qui veut la séduire.
Voici quelques explications complémentaires:

1 beau ténébreux : bel homme qui semble triste

4 Buster Keaton : Acteur américain du cinéma muet, surnommé « l’homme qui ne riait jamais »

8 qui fait la manche : (expression populaire) demander l’aumône, ici demander de la tendresse

10 que je te prenne : ici le mot prendre (au subjonctif présent) à une signification sexuelle. Généralement « prendre » signifie « pénétrer ». Il est plutôt utilisé par les hommes, mais dans cette chanson, l’homme à qui la chanteuse s’adresse est passif.

12 que je t’allume : que je t’excite

14 t’as pas de veine : (français familier) tu n’as pas de chance

15 Je suis la Vénus du Mélo : le jeu de mots (Vénus du Mélo / Vénus de Milo) est complexe car il peut avoir un sens directement lié à la Vénus de Milo : la chanteuse semble dire : tu veux que je sois active, mais je ne peux pas, tu n’as pas de chance, je suis comme la vénus de Milo, sans bras et incapable de prendre l’initiative.

 
La Vénus du Mélo
chanté par
Stacey Kent

 
 1   À quoi tu joues, beau ténébreux
 2   Avec tes yeux couleur d’automne
 3   Tes joues qui fondent, le ventre creux
 4   Qu’est-ce que tu veux, Buster Keaton ?
 5   Besoin d’amour et de tendresse
 6   De contre-jour et de caresses
 7   Ton petit cœur nécessiteux
 8   Qui fait la manche dans mes cheveux
 9   Qu’est-ce que tu veux ?
 
10   Que je te prenne, que je t’étreigne
11   Que je te joue sur mon piano
12   Que je t’allume, que je t’éteigne
13   Que je te couche sur le dos
14   Oui mais ce soir, t’as pas de veine
15   Je suis la Vénus du Mélo

16   Avec tes mines et tes manières
17   Quand tu composes sans avoir l’air
18   Tes mains qui braillent et ton œil noir
19   Et qui se pose sur mon peignoir
20   Cauchemar, frayeur et gros chagrin
21   Tu as rêvé que t’étais nain
22   Que tes espoirs étaient en feu
23   Et que l’amour n’était qu’un jeu
24   Qu’est-ce que tu veux ?
 
25   Que je te prenne, que je t’étreigne
26   Que je te joue sur mon piano
27   Que je t’allume, que je t’éteigne
28   Que je te couche sur le dos
29   Oui mais ce soir, c’est pas la peine
30   Je suis la Vénus du Mélo

31   Avec ton grand corps qui bâille
32   Tendre animal, beau paresseux
33   Ton petit sourire qui trouve la faille
34   Craque le premier de nous deux
35   Viens si tu veux…
 
36   Que je te prenne, que je t’étreigne
37   Que je te joue sur mon piano
38   Que je t’allume, que je t’éteigne
39   Que je te couche sur le dos

40   Que je te prenne, que je t’étreigne
41   Que je te joue sur mon piano
42   Que je t’allume, que je t’éteigne
 
43   Je suis la Vénus du Mélo
44   Je suis la Vénus du Mélo

La suite de la chanson, d’un érotisme subtil, présente d’autres aspects de la passivité de l’homme, mais aussi le désir de la chanteuse qui finit par appeler clairement cet homme (ligne 35 : Viens si tu veux).

Si cela vous intéresse vous pouvez comparer cette chanson avec J’veux un mec d’Adrienne Pauly: contrastes rock et jazz, désir animal assumé et jeu de la séduction plus pudique.