Berthe Sylva – Les roses blanches (1926)
Vidéo et paroles

 
 

Paroles de la chanson « Les roses blanches »

chantée par Berthe Sylva

( Texte : Ch.L. Pothier   Musique : Léon Raiter )

 

  1   C’était un gamin, un gosse de Paris,
  2   Pour famille il n’avait qu’ sa mère
  3   Une pauvre fille aux grands yeux rougis,
  4   Par les chagrins et la misère
  5   Elle aimait les fleurs, les roses surtout,
  6   Et le cher bambin tous les dimanche
  7   Lui apportait de belles roses blanches,
  8   Au lieu d’acheter des joujoux
  9   La câlinant bien tendrement,
 10   Il disait en les lui donnant:

 11   «C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman
 12   Voici des roses blanches, toi qui les aime tant
 13   Va quand je serai grand, j’achèterai au marchand
 14   Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman»

 15   Au printemps dernier, le destin brutal,
 16   Vint frapper la blonde ouvrière
 17   Elle tomba malade et pour l’hôpital,
 18   Le gamin vit partir sa mère
 19   Un matin d’avril parmi les promeneurs
 20   N’ayant plus un sous dans sa poche
 21   Sur un marché tout tremblant le pauvre mioche,
 22   Furtivement vola des fleurs
 23   La marchande l’ayant surpris,
 24   En baissant la tête, il lui dit:

 25   «C’est aujourd’hui dimanche et j’allais voir maman
 26   J’ai pris ces roses blanches elle les aime tant
 27   Sur son petit lit blanc, là-bas elle m’attend
 28   J’ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman»

 29   La marchande émue, doucement lui dit,
 30   «Emporte-les je te les donne»
 31   Elle l’embrassa et l’enfant partit,
 32   Tout rayonnant qu’on le pardonne
 33   Puis à l’hôpital il vint en courant,
 34   Pour offrir les fleurs à sa mère
 35   Mais en le voyant, une infirmière,
 36   Tout bas lui dit «Tu n’as plus de maman»
 37   Et le gamin s’agenouillant dit,
 38   Devant le petit lit blanc:

 39   «C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman
 40   Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant
 41   Et quand tu t’en iras, au grand jardin là-bas
 42   Toutes ces roses blanches, tu les emporteras»